De l'île Lopud aux îles Kornati

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mljet : dans la Passe de Pomena

 

 

Ile Mljet

Le parc national de Mljet est la plus vieille zone protégée de Méditerranée. Créé en 1960 il couvre plus de 5000 hectares englobant plusieurs îlots.
Ce promontoire, situé au Nord de l’île de Mljet, est couvert d’une forêt dense de pins d’Alep descendant jusqu’au rivage, de chênes parmi les plus vieux du monde, mais aussi de tous les arbres de la garrigue auxquels il convient de rajouter le caroubier.

Deux lacs, alimentés par des failles dans le karst, constituent la principale attraction du parc. Elles lui donnent sa couleur irréelle, sa faune et sa flore spécifiques.
Une petite île émerge de cette mer intérieure. Elle a été occupée au IIe siècle par des moines bénédictins qui bâtissent une chapelle romane d’une merveille sobriété, insérée dans un complexe défensif.

Les moines creuseront un canal afin de relier les lacs à la mer. Un courant de marée se crée ainsi toutes les six heures procurant dans le chenal un courant de plusieurs nœuds.
Le monastère disposera ainsi d’une force marémotrice afin d’installer un moulin et vendre ses services aux habitants de l’île. Il ne reste rien de cet édifice.

Nous faisons à pied le tour des deux lacs, et embarquons dans le catamaran, motorisé, du parc pour la visite du monastère. Le cadre est éblouissant, image d’une île grecque : du calcaire, des cyprès, des murets et des chants de cigales.
Nous nous baignons sur le retour dans une eau nettement plus chaude, deux degrés de plus, que la mer alentour...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

Le monastère bénédictin, une île dans l'île

 

Iles Badija et Korcula


Nous avons quitté Mljet à 9 heures. Nous faisons route vers Korcula, une île à 2 miles de la péninsule de Peljesac, mais aussi une cité médiévale, une « petite Dubrovnik » fondée par les grecs au IIIe siècle avant J.-C. Elle marque la limite Nord du royaume de Raguse. Sa position stratégique attire les Vénitiens. Elle est leur œuvre. Le lion de Venise remplace la statue de Saint Blaise, marque de Dubrovnik.

Nous mouillons à midi dans le chapelet d’îles qui la précède, face à un grand monastère franciscain construit au XIVe siècle sur l’îlot de Badija. Fond de sable, îlots de tous cotés, le mouillage est sûr, au pied des 1000 mètres de la montagne qui coiffe la péninsule de Peljesac.

Le lendemain nous levons l’ancre à 8 heures, et nous mouillons une demie-heure plus tard dans une jolie baie à l’Ouest de Korcula.
Nous visitons la citadelle vénitienne avant que les touristes ne prennent possession de ses ruelles. La vieille ville a été conçue de façon globale : une rue principale et des venelles latérales, disposées en arêtes de poisson, rectilignes à l’Est pour ventiler la cité l’été, coudées à l’Ouest pour casser le vent d’hiver. La ville, entièrement piétonne est faite de demeures aristocratiques richement décorées, que de petites voutes au-dessus des venelles relient les unes aux autres par endroits. Avec toutes les fortifications d’usage afin d’assurer, face au royaume de Raguse, la suprématie de Venise.


 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

 

 

Korcula vu du clocher

 

 

Dans le chapelet d’îlots

Nous quittons Korcula à 11 heures, par vent de Sud, force 2, puis, 3, 4, 5, 6.
Dans l’étroit goulet qui nous sépare de la péninsule de Peljesac, plein vent arrière, nous goûtons notr
e plaisir.  A 17h30 nous voilà sous les remparts vénitiens de Hvar. Le port, minuscule, est saturé, la jet-set a pris ses quartiers ..
Nous mouillons en face, entre deux îles Pkleni, sur fond de sable, dans un courant de 2 nœuds. Eau claire, fraîche et rafraîchissante après notre navigation ensoleillée.

Le lendemain, nous franchissons la passe entre l’île de Brac, au calcaire si blanc qu’il fut fut choisi pour construire la Maison Blanche, et l’île de Solta. Nous faisons un rond dans le grand port de Split. La porte de Bronze disparaît entre bars et commerces, le clocher de la cathédrale dépasse le portique de Dioclétien… pas de possibilité de mouillage, nous prenons la direction de Trogir.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

 

Hvar

 

Trogir

Inscrite par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial, c’est une des plus belles cités médiévales de la côte dalmate.
Venelles pavées, palais élégants, cathédrale romane… Et nous voilà déambulant dans un lacis de ruelles étroites, sous des voûtes, longeant des portes sculptées, fières de leur blasons.
Les commerces n’ont pas encore ouvert leurs échoppes, le flot de touristes n’est pas encore descendu des cars, rien ne vient brouiller l’image moyenâgeuse.

Le lendemain, dans de petits airs et une atmosphère lourde de brume, nous levons l’ancre en direction des îles Kornati. Le vent d’Ouest levé, nous faisons une halte à Solta pour déjeuner, faire un point de couture à la grand-voile, et repartons, au près, en fin d’après-midi pour Vinisce, une calanque profonde sur fond de sable.

A l’aube, au moment de lever l’ancre, un brouillard d’advection noie la calanque… nous sursoyons… il y a beaucoup trop d’îles et d’îlots pour nous aventurer en aveugle. Nous quittons Vinisce à 10 heures pour mouiller à côté des Kornati, dans l’île de Zirje.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

Trogir : le portail de la cathédrale romane

 

 

Archipel des Kornati

Tous les sites en parlent… Le parc national des Kornati est un monument pour les agences de voyage et les offices de tourisme. Il est vrai que les photos vues du ciel sont spectaculaires… mais nous sommes sur un voilier !


Mais ces 147 îles et récifs qui s’éparpillent sur 234 km2 ne sont qu’un désert de caillasses que régissent quelques murets.
Jadis elles étaient boisées. Les bergers y ont mis le feu pour faire paître leurs moutons, et le peu de terre a été lessivé sous les orages… Elles n’ont pas de source, pas de cours d’eau, et la bora les dessèche… la surexploitation a détruit l'archipel.

Partis de Zirje à 8 heures, portés par un vent favorable, nous traversons d’une traite, au portant, en prenant le chenal central, ces pyramides pelées, éparpillées sur les eaux et entourées de récifs à surveiller en permanence…
Avec deux tours de rouleau dans le génois et un ris dans la grand-voile nous mouillons à 14h30 dans le parc naturel de Telascica, au sud de l’île de Dugi Otok.

Quand le berger détruit son capital...

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