Ile Caprera, La Maddalena, Sardaigne


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vent d'Ouest fraichissant, nous relâchons à cala Portese, sur l'île de Caprera.


Le lendemain, avant que le vent ne forcisse et que le soleil ne cogne trop, nous  débarquons sur l'île. Nous  retrouvons la végétation de Corse, notamment l’arbousier que nous ne rencontrerons plus sur les îles suivantes, et des plantations de pin pignon. Nous gagnons le point culminant de l’île sans rencontrer quiconque.

Chaque sommet abrite ici un fort, chaque vallon cache une casemate. Mais tout est déserté, abandonné. Et si les murs s’écroulent et les toits s’effondrent,  les marches, taillées dans le granit demeurent avec  un je ne sais quoi de grandiose,  d'escaliers conduisant aux cieux.

Nous dominons l’archipel, voilà la Maddalena, son port militaire, son port civil et ses maisons blanches accrochées à l’extrémité de la digue qui les relie à Caprera, voilà la baie de Porto Palma quasiment repliée sur elle-même, voilà la cala de Coticcio où nous avions mouillé voilà... 34 ans !

Porto Palma serait sous d'autres cieux nommé "trou à cyclone". Entièrement refermée sur elle même, peu profonde, elle est tapissée de boues lourdes et épaisses où s'enlisent les ancres.

"C'est le soir sur ton Île et à l'entour, ici et là, partout où s'arrondit le vase sans défaut de la mer; c'est le soir couleur de paupières, sur les chemins tissés du ciel et de la mer.
Tout est salé, tout est visqueux et lourd comme la vie des plasmes.
L'oiseau se berce dans sa plume, sous un rêve huileux; le fruit creux, sourd d'insectes, tombe dans l'eau des criques, fouillant sans bruit.
L'île s'endort au cirque des eaux vastes, lavée des courants chauds et des laitances grasses, dans la fréquentation des vases somptueuses.
"
St John Perse - Images à Crusoé


Si la végétation est rase, d’intenses reboisements en pin pignon couvrent l’île. Ils apportent aux nombreux sentiers fléchés une fraîcheur propice à  la marche, à la découverte de criques inaccessibles, si ce n’est par la mer…

Chaque matin, le départ obéit à un même rituel : retirer le taud, défaire les garcettes, mettre en place la drisse de grand voile, remonter l’ancre. L’ancre est remontée à la main,  cela permet de choisir le cap du départ et d'envoyer immédiatement la voile.

Nous partons pour cala Serena, sur la côte Ouest de Caprera. La crique s’ouvre derrière un chapelet d’îlots dont l’un a pour nom Isola Italiana. C’est un mouillage parfait, tranquille et de très bonne tenue.
La cala est magnifique, une vraie crique corse avec des rochers de granit polis par les vents et les vagues. Un écrin qui cache, derrière la dune, une petite lagune saumâtre.

A proximité s’ouvre la cala Garibaldi, elle n’est pas moins belle. Un complexe abandonné donne à penser qu’il doit s’agir d’un ancien Club Med. Des bâtiments, un amphithéâtre, des paillotes s’étirent dans une magnifique forêt de pins pignon. Vue du pont du bateau la canopée, les parasols des pins, forme une mer ondulante, étagée d’un même niveau, et posée sur des troncs rougeâtres dressés comme des pieux.
Une casemate de l’armée garde les lieux…

Nous flânons le long de la côte, sous des pins admirables, entre des rochers lisses comme des carapaces géantes de tortues...