Traversée de la mer ionienne


Détroit de Vulcano à Messine

6h45, nous levons l’ancre et  filons grand largue en direction du détroit de Messine, poussés par un vent portant de force 4.
Mais à l’ouvert du détroit il hésite et nous lâche. Puis un souffle molto moderato se lève, pile dans l’axe du détroit, accélère la pression, impetuoso, puis se libère, furioso, poussant à 9 nœuds notre embarcation lourdement avitaillée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

Nous tombons dans les tourbillons de Charybde et Scylla avant même de les voir. L’eau bouillonne de toutes parts, mais nous les traversons, poussés par ce vent furieux , pour tomber ....dans le contre-courant, et ses vagues courtes, à rebrousse poils...
Il nous faut courir plus de deux miles, au milieu du mouvement incessants de ferries, avant d'échapper au contre-courant, et retrouver nos 9 nœuds en direction de Capo dell’Armi.

Les fonds plongeant immédiatement, nous longeons Capo dell’ Armi à quelques mètres de la berge, tout prêt des maisons, aux fenêtres grandes ouvertes. Nos regards traversent les salles de séjour, les cuisines, les chambres aux lits défaits... Nous voyons vivre la Calabre….






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Côte calabraise

Au débouché du détroit de Messine s’ouvre la mer Ionienne. Rapidement la côte devient sableuse. Nous mouillons ainsi à Bova Marina, Siderno Marina, Badolato Marina, Arene Rosse, en bordure d’alignements de parasols désertés pour cause de nuages et pluies…
La traversée du golfe de Tarente (80 miles, à la moyenne de 6 nœuds), est marquée de grains et d’éclairs à la queue leu leu.

Nous atterrons cap Santa Maria, porte de la mer Adriatique, et mouillons à Leuca, derrière la digue des chalutiers, sur fond de sable.
Ce joli petit port, a des couleurs mauresques bien différentes des constructions de la Calabre.  Plusieurs épaves, des bateaux de migrants, sont amarrés à la digue extérieure. Tous sont immatriculés de Bodrum (Turquie).

Depuis la Sardaigne nous n’avons pas connu de canicule, ce qui durant les longues traversées où l’ombre est rare, est bien agréable. Mais l’air et la mer ne sont pas froids, aussi nous nous baignons tous les jours en soirée.





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Castro : Le karst est taillé pour aménager accès et terrasses

 

Santa Maria di Leuca


Virgile, dans l’Enéide, décrit l’approche du promontoire de Leuca, au sud de la péninsule de Salento, là où les eaux de la mer Adriatique rencontrent et se mêlent à celles de la mer Ionienne.

Un temple de Minerve trônait jadis au dessus du port. Il fut remplacé par un sanctuaire religieux connu sous le nom de Basilique De Finibus Terrae (pour les Romains Leuca était l’endroit où la terre prenait fin).
Ce petit port fut apprécié dès 1900 des riches Apuliens, les villas Art Nouveau qui bordent le front de mer en témoignent. Mais Leuca est fière surtout de la chute d’eau artificielle et monumentale, qui signale l’extrémité de l’aqueduc des Pouilles.





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leuca : Des dizaines de viviers, certains datant d e l'empire romain indentent la côte

 

Dans le talon de la botte

En quittant Santa Maria di Leuca, vent et courant nous sont contraires. Nous tirons des bords carrés avant de décider de relâcher sous le promontoire de Castro. Les remparts, les tours et le rivage aménagé offrent un cadre magnifique.

Le lendemain, nous levons l’ancre pour Otrante avec le vain espoir de remplacer une latte de grand voile perdue. Une longue digue de mer protège le port. Sur fond de sable, nous mouillons encore sous des remparts, des forts et des tours. Car après la prise de Constantinople par les Turcs, Otrante fut assaillie. Reprise la même année, la citée décida de se protéger des Turcs. Elle incita la province à se prémunir. Aussi, comme en Corse, la côte rocheuse est bordée de tours de guet et les ports sont fortifiés.

Au large, sur l'horizon, le profil des montagnes grecques se dessine....

Otrante, la citadelle face au port

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