Le fantasme des îles, en route

En route pour la Maddalena

Porto Pollo, Corse, 10h : la brise établie, nous hissons la grand voile.
Le voilier pendule sur le mouillage,  et  dans le mouvement de balancier, nous levons l’ancre sous la bonne amure.
Puis la brise nous quitte. Un vent d'Ouest, de plus en plus appuyé, vient nous délivrer et nous entrainer vers les Bouches.
Nous passons au large du phare des Moines, au large du cap de Feno et des falaises de Bonifacio, et faisons route directe vers la Sardaigne.
A hauteur de l’archipel de la Maddalena un force 6 nous attend, nous plions un peu de voile, ainsi que la goélette qui nous talonne, en admirant la maîtrise des gabiers dans les haubans...

Nous mouillons dans l'île de Santa Maria, sous une sonnaille de drisses…



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voile pour l’île Tavolara

Santa Maria 8h : nous hissons une grand voile pleurant de rosée. Nous pendulons pour remonter l’ancre et cap au Sud.
Nous glissons sous les nuages, entre îlots et balises… pour rencontrer l’inévitable calmasse caractéristique des caps et détroits où les vents se rencontrent, se heurtent et se renversent.
Au large de Porto Cervo un vent d’Est force 3 à 4, nous déhale au près bon plein... à la rencontre de cieux noircis et d’inévitables ondées.
Nous retrouvons notre goélette, slalomant elle aussi entre îlots et récifs qui, des Bouches de Bonifacio à l’île de Tavolora, façonnent toute la côte.

Dans la baie d’Olbia, la pluie rince pont, voiles et écoutes.
Nous contournons Tavolara par l’Ouest et jetons l’ancre à 18h au pied du rocher, devant les deux restaurants déserts où un unique voilier est mouillé.
Un quart d’heure plus tard nous sommes rejoint par la goélette de Budelli. Elle ferle ses voiles,  nous offrant un grand spectacle.... et les orages suivent.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Traversée Sardaigne – Iles Eoliennes

Éclairs, tonnerres et trombes d'eau, toute la nuit, nous bercent, jusqu'au lendemain. Baromètre et anémomètre nous abandonnent, les cataractes ont  raison d'eux....
La croisière commence bien, le pilote ne fonctionne plus qu'au compas.

Nous  réactivons la vieille marine : pennons aux haubans, oreilles au vent.... Et nous voilà partis, coupant les routes de cargos, qui traversent le cercle de notre horizon, et qui parfois nous prennent pour cibles : On se déroute, on empanne de nuit, sous train de forte houle, pour laisser la route à quelque inconnu....
A la poupe, la fuite des filets d’eau chante comme un gazouillis de rivière. A l’étrave, ils bruissent comme un feuillage sous brise légère, ou un tapis de feuilles mortes quand en automne on traîne les pieds.
Quand enfin l’île d’Alicudi se dresse sur l’horizon,  la brise nous lâche.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivée à Vulcano au petit matin

Le vent nous lâche, mais pas la houle.
Tant elle est agréable quand un vent conséquent appuie sur les voiles et accélère le voilier, tant elle fait battre les voiles et empêche toute navigation quand le vent faiblit.
Nous nous glissons entre Alicudi et Filicudi, laissons au Nord Salina, longeons Lipari et les Formichi - des necks de lave - franchissons la passe de Vulcano et pénétrons dans le mouillage au pied du cratère, face aux bains de boue.
L’ancre mouillée se colle instantanément dans la cendre et la boue.
Scotchés, nous pouvons préparer notre troisième ascension du volcan…


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La traversée aura duré plus de soixante trois heures.



Vulcano en fleurs

Dans les jardins de mon père les lauriers sont fleuris, les lauriers sont fleuris,
Tous les oiseaux du monde viennent y faire leur nid…

Et il en est ainsi aux îles Lipari…

Déambulant dans Vulcano, de plages de sable noir, aux falaises de lave, de chemins désertés bordés de villas inoccupées, en maquis fleuri, la profusion de fleurs surprend comme elle surprend tout visiteur débarquant à Funchal, à Madère…
Les pluies hivernales, printanières, estivales, particulièrement abondantes cette année ne sont sans doute pas étrangères à cette luxuriance, car le souvenir que nous avions gardé des îles éoliennes était plus sec et épineux…
Mais nombre de plantes nous sont inconnues…



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les touristes à Vulcano

Ils arrivent en hydroglisseur de Sicile, pour passer une journée aux îles, et repartent le soir. La ronde des navettes est incessante, un brin bruyante. Mais le soir seuls quelques privilégiés dorment dans l’île. Il y a quelques hôtels, quelques bed & breakfast et quelques villas… mais au total peu de possibilités d’y séjourner.

Comme Porquerolles, le peu de fréquentation crée le charme, et le vide qui en soirée s’installe valorise ses quatre rues, son quai, ses jardins parfumés exaltés par la fraîcheur marine montante, quand le soleil s’efface…
Aussi, en soirée, vient l’heure des déambulations sous les palmiers, les eucalyptus, entre les roseaux, sur la plage désertée… En soirée nous quittons le voilier pour découvrir et goutter ce que trop d’ardeur solaire cache. En soirée nous descendons à terre humer… la terre.
Et sur la grève nous ne pouvons nous empêcher de contempler la mer….



Voir la carte