Les cabanons d'Endoume

  Le désenclavement de la presqu'île d'Endoume, en 1863, signe la fin d'une époque. De belles maisons bourgeoises remplacent peu à peu chèvres et  cabanons.

 

D'où la tristesse d'Elzéard Rougier (1857-1926)

 

"J'avais au cap d'Endoume un cabanon charmant;
Un soupçon d'ombre au plein d'un chaud rayonnement,
Et quel rayonnement ! l'incendie admirable
D'un pays de rochers presque nus où l'érable
Et le platane aux bras immensément ouverts,
Improvisent d'une oasis les charmes verts.
Maigres, jolis, criblés de cigales, deux bustes
De mûriers, sous le hâle, avaient poussé robustes;
Ils donnaient quelques fruits et formaient un pavois
Sous lequel nous chantions d'ivresse à pleine voix.
(...).
On vivait là, par les mois chauds et les vacances;
On flânait là, sans peur, sous les magnificences
Des feux qui dévoraient la côte, car toujours
Un peu de brise errait, faite de frais velours.
Cette brise venait des calanques tranquilles
De Maldormé, d'Endoume et des prochaines îles
.(...)"