Port-Mahon, Minorque

C’est le plus bel abri naturel de toute la Méditerranée : une calanque de 3 miles de long qui a été occupée par les phéniciens, les romains, les espagnols, les maures, les anglais, les français et je dois en oublier quelques uns !
Cette calanque est une faille, entre calcaire et schiste, envahie par la mer. La ville est située en bordure de falaise, sur le bord Ouest de cette faille. Elle domine le fond de la calanque, accessible aux navires de tout tonnage. Ses abords sont couverts d’ouvrages militaires.

Nous avons jeté l'ancre sous l’un d’eux, dans une crique juste à l’entrée de la calanque que domine la Forteresse de la Mola construite au milieu du XIXe siècle pour protéger l’entrée du port. Sur l’autre bord se dressent les murailles du Lazaret, d’aspect tout aussi militaire.

Mahon est une petite ville, tranquille dont la fortune est assurée au XVIIIe siècle par le libre commerce institué par les anglais.
Les maisons sont basses, deux étages au plus, et disposent souvent de bow windows. Beaucoup d’églises, de belles rues, propres, bref une ville charmante offrant des vues magnifiques sur le port, la calanque, les bateaux.
Elle ne connaît pas la trépidation des cités du continent. Sa population serviable est d’une grande disponibilité. L’auto stop y est encore pratiqué ! Enfin, il convient de souligner que le coût de la vie y est bien moindre qu’en Corse, autre île.

 

Paysages et mouillages

Minorque, ce pourrait être un porte-avion ancré dans le bassin occidental de la Méditerranée, un porte avion amarré par la perfide Albion pour surveiller les français et notamment Toulon !

L'île est un plateau de faible altitude (50 m), avec une bosse culminant à 350 m, le mont El Toro. La majorité de l’île est occupée par un maquis, sec et pierreux,  quadrillé de murets avec, sur la côte sud, de vastes pinèdes et des pâturages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Cami de cavalls », les chemins des chevaux .

Nous sortons nos chaussures : un sentier de randonnée (GR 233),  balisé et entretenu, fait le tour de l'île.  Il a été créé au XIVe siècle pour sa défense. Il serpente de tour de guet au fin fond des calas, du sentier surchauffé, enserré entre les murets de pierre sèche, à la fraicheur marine des criques qui rassemblent les ruisseaux.
Souvent légèrement en retrait du littoral et des falaises, ces sentiers mettent en évidence l’extrême émiettement de l’île en petites parcelles que ceinturent les murs en pierre sèche, toujours en parfait état (sans doute lié à l’absence de sangliers dans l’île), et régulièrement percés d’une barrière en oléastre, auto-bloquante, pour permettre le passage des randonneurs, mais pas du maigre bétail.

Car nous avons en effet rencontré très peu de bétail dans les «champs» traversés, parfois labourés, des terres apparemment en déprise vue la quantité de chardons .
En fait, la roche affleure de toute part. La couche superficielle, fortement alvéolée, fragile et épierrée, a servi de matériau pour les murets.

Dans un paysage minorquin  aride, les abords des maisons sont secs, mais parfois un petit potager verdoyant surgit entre quatre murs protégeant les plants de la dessiccation du vent.
L’eau n’est pas absente de l’île. Elle se cache au creux du relief karstique. Les forages descendent à 40 m au moins la chercher. Mais cette technique n’a pas véritablement modifié la gestion économe de l'eau qui est la tradition des minorquins, comme l’attestent citernes et chenaux pour recueillir la pluie.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De multiples criques, proches les unes des autres, indentent la côte. Nous partons les découvrir, choisies par les vents...

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