Au Nord, Fornells

C’est une boutonnière, une large échancrure dans la côte nord de Minorque que protège un étroit goulet.

Sa lèvre Ouest est fortifiée par une tour, récemment restaurée. Sa lèvre Est est un empilement de falaises qui cachent, du large, la passe. Une passe impraticable quand les vents d’Ouest, Nord et Nord Est soufflent violemment tant la houle creuse, et rend la passe dangereuse.

Mais le goulet passé, nous sommes dans une mer intérieure qui s’étend sur deux miles. Autant dire que nous sommes, comme à Mahon, dans un abri parfait.

L’ancien village de pêcheurs est à l’entrée du goulet.  L’occupation du site remonte à la nuit des temps. Les anglais y ont longtemps séjourné : Petites maisons basses, volets verts, treilles et simplicité. Le marché ne connaît pas la grouille des marchés de Provence mais un bon aloi, un quant à soi, un flegme très britannique et un art certain de vivre.

Au milieu de la boutonnière un îlot porte une fortification, une maison, et deux amers pour la navigation. Tout autour, des champs, des vergers, quelques murets et le maquis. Nul cancer d’urbanisation galopante. Minorque mérite bien son label de terre protégée : l’Unesco lui a délivré le label mérité de « Réserve de biosphère ».



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'Ouest, Ciutadella

Il bruinait à notre arrivée, et, le soir, il pleuvait ; une petite pluie délectable qui faisait briller les pavés.

Fondée par les phéniciens, alors que Mahon le fut par les carthaginois, Ciutadella fut la capitale maure de Minorque sous le califat de Cordoue. Sa cathédrale est d’ailleurs construite sur une ancienne mosquée. Mais, sous la domination britannique, elle perd cette fonction au profit de Mahon.
 
L’architecture de la vieille ville (rues, bâtiments, places) a conservé la marque de ces héritages d’où son charme, son exotisme vrai, sa beauté.
Son quartier historique est classé monument historique. Il domine la calanque qui faisait jadis office de port de commerce.



Talaïot de Trepuco

Minorque comporte plus d’un millier de monuments mégalithiques, les premiers datant de 2200 ans avant J.-C.

A la fin de l’âge de bronze, les premiers talaïots – grandes tours de vigilance – marquent l’apogée de cette culture mégalithique, ainsi que l’apparition des navetas, constructions semblables à une coque renversée dont l’assise repose sur deux énormes pierres disposées en T qui servirent d’habitat puis de sépulture.

Si entre Mahon et Cala En Porter plusieurs talaïots sont visible de la route, à Trepuco les mégalithes sont impressionnants.
A proximité, dans la falaise de la calanque de Calescoves, plus de 100 grottes ont été creusées à même la roche au cours des âges de pierre et du bronze. Certaines de ces grottes, imprenables, surplombent les flots. La plupart sont des sépultures.

Dans les années 1970, les hippies les squattèrent. Et à Calescoves, comme il y a 2000 ans, baigneurs et baigneuses,  respectueux des traditions, conservent la tenue d’Adam et Eve !

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