Stromboli, îles Eoliennes, Sicile
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un jour, toujours, il faut partir.
De Panarea à Stromboli la route est courte et l’objectif  nettement visible, de jour comme de nuit… Alors nous traversons les confettis d’îlots et voyons grandir le Stromboli, explosion et panache de fumée tantôt blanche, tantôt noire, se succédant toutes les cinq minutes…

J’ignorais que les dieux, dans leur Olympe infernal, procédaient comme les papes pour choisir leur successeur !
L’île sur ce versant est brûlée, les cendres et les scories courent jusqu’à la mer. Nous mouillons à l’Est sur un haut-fond de sable qui prolonge le cap en direction du Strombolito, un neck coiffé d’un phare. Il y a là une cinquantaine de bateaux à l’ancre. La majorité des équipages est venue pour monter jusqu’au cratère…

Guide obligatoire, départ en fin d’après-midi et retour de nuit. En cette saison près de 300 personnes, par groupe de 15, prennent le même sentier que borde une maigre végétation : genêt, ciste, murier, canne de Provence, inule. Et puis, bientôt, plus rien.

Le sentier, tantôt de basalte tantôt de sable,  serpente sur plus de 900 mètres de dénivelé. Il n’offre pas de difficulté. Vers les 500 m d’altitude la verdure disparaît, nous marchons sur du sable ou des blocs de basalte, et le sable commence à remplir nos chaussures…

Des chaussures louées pour l’occasion, avec casque et masque anti-poussières, car Stromboli vit de son volcan et on ne peut faire l’ascension sans avoir un équipement complet, labellisé par le syndicat des guides. L’île compte ainsi une foule de magasins louant chaussures et matériel…. A vivre au pied d’un volcan, sous un risque permanent,  les affaires doivent être promptement menées. Le retour sur investissement se doit d'être immédiat !

Nous y sommes, il fait nuit… Cela siffle, cela crache, cela gerbe. Assis sur le bord du cratère supérieur, en arrêt temporaire pour obstruction des voies, nous regardons en contrebas les 4 ou 5 bouches du cratère secondaire faire le spectacle…

Pour le retour nous prenons un autre sentier, tout de sable, tout schuss, dans la poussière. En 1 heure il nous ramène  place de l’église. Nous rendons les chaussures, prenons force bières pour dessabler nos gorges, et sautons dans l’annexe .

Dans la nuit noire, en aveugle, nous cherchons parmi 50 bateaux  notre embarcation.... Elle est restée  pendant toute l'ascension sous nos yeux, mais dans le noir...

Les rues, les quais, la plage ne sont pas éclairés... Vivre au pied de volcan et ne pas disposer d'énergie,  c'est aussi Stromboli !