Ile de Tavolara, Sardaigne
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première fois – c’était en 1981 – nous étions passés au pied de cette muraille en forme de table, haute de  565 mètres, un peu craintifs tant elle ressemble à un flipper géant gouvernant les vents à la sortie des Bouches de Bonifacio. Il en était resté l’envie d’y revenir.

Deux mouillages, l’un est au Nord, l’autre au Sud du minuscule promontoire. Dans cette mer intérieure que forme la poussière d’îles disséminées à quelques encablures de la côte sarde, le mouillage du Sud est le mieux abrité et le plus vaste. Nous jetons l'ancre devant le fouir à chaux, fonds de sable.

L’île n’a qu’une route, mais privée, et son portail cadenassé se referme devant nous… Nous nous faufilons dans un trou de grillage et, à l’ombre fraîche de la falaise, surplombons des eaux turquoises. Mais un tunnel fermé arrête là nos découvertes, il protège les antennes de l'OTAN . Revenus sur nos pas nous empruntons le sentier des escaladeurs, balisé de points rouges.

Si jusqu’au milieu des années 1830, Tavolara fut inhabitée, le premier à venir s’y installer est un berger corse du nom de Giuseppe Celestino Bertoleoni Poli (né en 1778).
En 1836, le roi Charles-Albert de Sardaigne visitant l’île, fut frappé par l’éducation et la vivacité d’esprit de Giuseppe Bertoleoni. Il lui offrit l'île de Tavolara, il le fit roi. Bigame, Bertoleoni installa ses deux familles sur l’île.
Le fils de Giuseppe, Paolo, succéda à son père en 1845. Il obtient du roi Victor-Emmanuel II la reconnaissance du royaume de Tavolara.
La bergerie que nous longeons n'est que ruine, mais une ruine royale certes...

Une belle grimpette entre les genévriers puis sur la roche, avec quelques passages équipés d’une corde, et nous jouissons d’un panorama exceptionnel vers le Nord comme vers le Sud. La côte sarde n’est qu’une dentelle de baies, d’îlots, de lagunes, une multiplicité de mouillages en perspective…

Voilà de bonnes raisons pour y revenir à nouveau….