Traversée de l’Adriatique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est au petit matin que nous quittons Otrante, pour gagner la rive d’en face. La côte albanaise se dessine alors, à contre-jour, dès la sortie du port.

En Adriatique les courants descendant vers le Sud longent l’Italie alors que les courants montant suivent les côtes albanaises et yougoslaves. Nous nous heurtons immédiatement, dans des vents instables, à ce fort courant côtier.
Aussi, toute la matinée, nous tirons des bords, épuisants et démoralisants. Nous nous demandons même si nous ne ferions pas mieux de viser Corfou que nous ne connaissons pas… quand enfin le vent vire au Nord Ouest et nous permet de faire route directe.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Baie de Valdanos (Montenegro)

 

Nous atterrons au Montenegro le lendemain, en début d’après-midi, et nous mouillons dans l'unique baie, magnifique et non bétonnée, qui s’y prête, la baie de Valdanos. Las, nous sommes réveillés deux heures après par le coup de sirène d’une vedette de police qui nous ordonne de les suivre et de rejoindre 5 miles plus loin la ville de Ulcinj et son môle. Nous écopons d’une amende de 134 € pour n’avoir pas fait l’entrée dans leurs eaux territoriales…
Après quoi nous retrouvons notre joli mouillage où un coup de vent force 6 à 7, venant de terre heureusement, nous chahute toute la nuit.
Le lendemain la mer est si houleuse et le vent si faible qu’après une tentative de sortie, nous remouillons dans la baie…

Mais la nuit suivante, à deux heures du matin, un vent puissant venant de terre se lève. Sous la lune, nous re-hissons les voiles et repartons. Et le vent monte, monte et monte encore. Nous prenons un ris, deux ris, et puis, contraints, le dernier et troisième ris, le génois roulé à la taille d’un tourmentin pour filer 7, 8, 9 nœuds, vent de travers, sous les étoiles… poussés par le courant et un vent rabattant, descendant en rafales des sommets élevés de la chaîne dinarique.

L’ayant aigre-douce d’avoir été aussi mal accueillis au Montenegro nous remontons toute la côte en boycottant l’escale de Kotor – deux lacs glaciaires envahis par la mer, au pied des montagnes – et faisons route vers la Croatie. Nous relâchons à 13h30 à Cavtat, où les formalités d’entrée se font dans une bien meilleure ambiance....



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

Cavtat, notre mouillage au pied des portiques

 

Cavtat

Cavtat est l’antichambre de Dubrovnik. Une modeste bourgade à la croisée de deux baies, une très vieille ville faite de ruelles et d’escaliers, un lieu pour résider dans le calme et la beauté.

Vieilles pierres, vieilles églises, vieux quais en eau profonde. Cela nous rappelle que toute la côte dalmate a été façonnée par les glaciations.
Le rivage est arboré. Cyprès, orangers, figuiers, magnolias, caoutchoucs sont nombreux. Les bougainvillées débordent des murets où s’accrochent les pousses de câpriers.

Le lendemain, dans l'après-midi, nous traversons la baie pour rejoindre Dubrovnik, reconnaissable à la pierre caractéristique qui colore ses murailles.
Nous mouillons dans la marina, après être passés sous le pont auto-routier qui enjambe la vallée.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

Au pied des murailles de Dubrovnik , l'ancien port

 

Arrivée à Dubrovnik

Sans documents nautiques récents nous entrons dans l’ancien port, sous les remparts. Quelques bateaux sont amarrés mais, comme un chien dans un jeu de quilles, nous sommes entrés dans le domaine des navettes pour touristes desservant les îles...

Nous contournons donc la péninsule. Au nord, deux vallées profondes creusent la côte. Dans la première nous faisons le plein de fuel, mais le port est réservé aux autochtones;  Dans la deuxième, longue vallée glaciaire envahie par la mer, nous allons tout au bout où se niche une marina moderne.
Nous y restons deux jours, sous les coups de boutoirs d’un vent de Nord Est atteignant force 8 dans les rafales, et en profitons pour visiter Dubrovnick.



 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

Porte Pile

 

Dubrovnik, cité historique

Au VIIe siècle, quand la cité gréco-romaine d’Epidaurum (Cavtat) fut attaquée par les slaves, les habitants se réfugièrent sur l’îlot rocheux qui leur faisait face. Ainsi naquit Dubrovnick.

Grâce au commerce maritime la cité prospère, devient une république (la république de Raguse), et développe des comptoirs dans toute la Méditerranée en devenant une étape entre caravanes et routes maritimes.  Elle comptera 180 navires et 5 000 marins qui sillonneront Méditerranée et mer Noire.

Cette richesse se matérialise dans les monuments, les habitations, les remparts, les tours, et les nombreuses églises et monastères qui se concentrent dans la cité historique, classée patrimoine mondial par l’UNESCO en 1979.

Cette profusion attire énormément de touristes et toute la cité n’est qu’une immense galerie commerciale… Dommage. Même en juin, sans la présence de croisiéristes, déambuler dans les ruelles est un slalom géant.
Le port de Gruz, où accostent les bateaux de croisière, est stupéfiant. Une dizaine de quais sont spécialement aménagés pour le débarquement des touristes. Heureusement tous vides en cette saison.

De la marina nous prenons un bus, remontons toute la ria, passons sous l’immense pont qui l’enjambe, longeons le port de Gruz, et nous voilà face à la porte Ouest de la cité historique.

Commence alors une longue promenade le nez en l’air, où le regard se cherche un chemin à travers les stores et les parasols des boutiques, un zigzag entre rabatteurs de restaurants ou galeristes pour contempler façades, balcons, sculptures, tous signes d’opulence médiévale, romane, gothique, renaissance….


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

Tympan ouvragé

 

Flâneries à Dubrovnik

Naturellement, irrésistiblement, nous fuyons alors la rue principale, les places et les voies qui mènent au port comme aux fortifications, pour nous égarer dans les ruelles pentues qui partent, à l’abri des remparts, à l’assaut de la montagne.

L’étroitesse de ces ruelles correspond à l’époque, mais aussi au désir de casser les vents violents descendant de la chaîne dalmate, et de se protéger, l’été, des ardeurs du soleil.

Et là, nul touriste, un chat qui dort, des pots de fleurs, le calme et le silence. Nous pouvons sereinement lever le nez, photographier, nous retourner sans craindre que notre sac à dos ne heurte un autre visiteur …

Les échoppes et les commerces n’ont pas encore pris possession de ces quartiers, aux marches d’escaliers réfractaires au client potentiel, dernier espace préservé en somme.
Et ces habitations portent encore la marque de la richesse de leurs propriétaires. Blasons, sculptures, balcons, la pierre est travaillée,  gravée d’inscriptions. Les ruelles sont pavées, régulièrement quadrillées, élégamment agencées.

Les dégâts du tremblement de terre de 1667 comme ceux de la guerre de 1991-93 n’ont pas laissé de traces apparentes, dans la pierre du moins…


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

Baie de Sinj

 

Ile Lopud

Lopud est la deuxième des îles Elaphites, par la taille. Elle est petite, boisée comme les quatorze autres îles, et habitée ainsi que deux autres. Elle dispose d’un petit port accessible aux embarcations de faible tirant d’eau. Nous mouillons dans la baie Sinj située à l’opposé du bourg.  Plage de sable, guinguette, chaises longues et parasols…

Lopud est boisée en pin, arbousier, chêne vert, caroubier, genêt, bruyère, myrte… De nombreuses restanques disparues sous la végétation couvrent l’île qui, du temps où elle était rattachée à la République de Raguse, connut la fortune, un chantier naval, 80 navires. L'île commerçait jusqu’aux Amériques. Vigne, olivier, fruitier, maraîchage étaient alors cultivés.

Une vingtaine de chapelles et églises ont été édifiées depuis les grecs jusqu’à nos jours, sur les crêtes, en bord des champs, près des habitations. De vieux sentiers muletiers, bien entretenus, y conduisent ainsi qu’au castrum qui coiffe le point culminant. Les côtes albanaises, montenegraines et la ville de Dubrovnik, reconnaissable au haubanage du pont routier, se découvrent au sud-est. Au nord-ouest, l’île Sipan et les îles Iljet et Peljisac s’étirent le long de la côte dalmate.

Depuis la fin du conflit 91-95 qui a conduit à la faillite des activités touristiques implantées, et à la migration d’une part de sa population, l’activité reprend, doucement, à la différence de Dubrovnik surfant sur les tours opérators….



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